Des solutions. La liberté. Femme libre. Célibataire ? Dans ce cas, oui, et totalement libérée. Enfin consciente de sa profonde liberté, de la liberté d’être moi tout le temps, avec les autres. Encore du travail à faire avec moi même, à ne pas me mentir quand je suis seule, à être moi avec moi même et pas l’idée d’une autre. Je suis parfois le fantasme de moi même avec les autres et totalement dépitée quand je me rends compte que ce moi n’est pas possible.
Comment garder cette liberté tout en étant en couple?
Autre question : ou un angle que j’ai réussi à voir. j’en ai eu une image cérébrale, plus qu’une image : un mouvement. Un mouvement que je voyais dans mon cerveau mais que je ne saurais décrire, décortiquer, pour réussir à la traduire en mots.
Comment faire ? Essayons tout de même… Si certains ont déjà vu ça, peut être sauront-ils en parler mieux que moi.
C’est moi : moi corporellement. Pas le potentiel de moi, mais le moi achevé, fini, au meilleur de ses conditions.
Devant foule, assistante ou en tête à tête : sa tête pense exactement ce qu’il faut penser, sent l’autre et réagit. Elle prend du recul, comprend et traduit ses émotions et sa position en mots. Les mots sont clairs, précis, justes. La voix est suave, sensuelle, grave. Les mots sont posés, syllabe après syllabe. Rien ne dépasse, rien n’est écorché. Chaque chose vient à son temps. Chaque mouvement, chaque articulation a son timecode précis et défini. Rien ne se dérègle : toute l’expression corporelle, la voix et la douceur sont réglés comme du papier à musique.
Et au dessus de moi, au dessus de moi : il y a moi encore, toujours, mais détaché, ou le “sur moi”, celui qui décide, contrôle orchestre tout. Il n’y a rien qui ne soit le fait au hasard. Je suis sur la terre ferme, je ressens et vis ce qu’il y a à vivre. Je suis dans le présent, dans le réel, dans un environnement calme et constant. Je dirige et connaît le chemin. Et je suis dieu également, dieu de moi même, à décider, vouloir et aller là où je veux aller. Ana rab 3mali!*
Je sais où je vais. Je sais que je vais. Et le moi au dessus, dirige et garde le contrôle sur les choses à travailler : une alimentation déséquilibrée ? Le manque de sommeil ? des désirs qui se diluent dans une foule d’inconnus? Une énergie dispersée ? tout s’organise. Il me suffit de décider, le sur moi a la direction, le moi la motivation.
le sur moi c’est la volonté, c’est le désir de faire de sa vie ce que l’on a envie. Et pas autre chose.
Mais ni moi ni le sur moi ne sont des machines. Je continue d’être surprise par mes propres émotions, provoquées par les mondes autour que je ne contrôle pas. “Ah tu verras, tu verras…” Et voilà tout le charme de la vie, diront les plus sages.
Le plus important est de sentir toujours cette déstabilisation, cette sensaion que nous ne sommes rien devant tout ce qui nous entoure et que nous pouvons faire les efforts les plus fous pour contrôler, réguler, équilibrer, aplanir, évoluer, fructifier, rentabiliser, amortir, produire, créer, construire. Il restera toujours le monde autour pour te rappeler à quel point tu n’es rien toute seule, qu’il te suffit d’une voix, d’une attitude, d’une rencontre, d’un fantasme, d’un personnage impensé, d’une nouvelle fraicheur, pour ne plus rien comprendre, avoir envie de tout reconstruire, remettre à zéro tous tes repères, pour essayer de lui plaire, te faire remarquer, tenter d’entrer dans son monde, ne plus avoir envie du mien, ne plus le sentir, ni le comprendre, ne plus l’espérer ni le vouloir. Ne plus penser qu’à l’autre, bouleverser ses priorités, les conséquences.
S’en foutre de tout, de rien. De la vie, de demain, d’après, du temps, des hormones, du corps, de la vieillesse, des artères, des ovaires, du bien pensé, de ton establishment. pfff.
Il n’y a plus rien d’autre qui compte que l’envie de l’approcher à nouveau, retrouver et percer son monde, entrer dans sa famille, son cercle d’amis, son intimité. Sentir sa peau, approcher sa chaleur, lui montrer que tu peux, que tu es à la hauteur, que tu vas surprendre, surpasser, lui donner envie de venir jouer avec toi, vous évaluer, vous concurrencer, voir qui est plus fort, plus doué, se challenger. Etre des enfants de l’âge adulte, jouer avec les jeux que l’on aura sous la main. Sexe, drogue, relations, travail, musique, voyages, dépassement de soi.
Je n’en sais rien, moi. je sais qu’il y a mieux à faire pour moi. Mais je sens d’un coup, en la voyant, que le mieux à faire, je m’en contre fou, que tout ce que je veux maintenant, c’est elle, c’est pour moi. C’est bouffer son monde, son univers, être elle, être tout prêt d’elle, sentir les odeurs, manger les mêmes plats, les mêmes quantités, sentir les mêmes émotions, partager les contraintes, comprendre, saisir, appréhender, vivre l’intimité. Etre cette personne qui est au plus proche, qui devient le contenu et le contenant d’une vie nouvelle, d’une vie où il y a deux personnes, exclusivement deux personnes. Et le reste des mondes, qui lui,n’aura plus jamais l’influence qu’il avait quand j’étais seule et libre.
KLZ / H
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* Ana rab 3mali : littéralement je suis le dieu de mes faits, en français plus compréhensible : je suis mettre de mes actions