Le meilleur arriva : des regards tenus, des sourires timides, des désirs exprimés par les yeux, le regard et les petites bulles. Des verres qui permettent de regarder tout le monde droit dans les yeux, et qui permettent de soutenir le regard, de dire : j’ai envie de toi; ou encore : je ne suis pas celle que tu crois, je suis autre chose, je suis intéressante, je te ferai tourner la tête, je te ferai découvrir que je ne suis pas ceux que je représente. Demain matin, le corps las. Tu ne pourras plus me quitter.
On enchaîne bière après bière. Ton verre ne restera pas vide. Les pupilles sont dilatées pour voir plus de choses ? Amour grand angle, multi connections. Le serveur n’est autre qu’un barman, et tout le monde est connecté. C’est du Peer 2 Peer alcoolisé. Je suis en High ID, même si j’y vais lentement. J’apprécie, par pallier, la douleur des liens de plus en plus lâches.
Les visages défilent, les sympathies exacerbées, les corps déliés, l’affection s’exprime à tous. La tête qui tourne à ne plus savoir d’où vient cette magie. Que se passe t-il entre nous ? Toi, oui, toi. Il n’y a plus que nous deux, et même si le bar est blindé de monde, il n’y a plus qu’un décor, qu’une ambiance, un bruit de fond. Les autres sont transparents, les sourires au départ dragueurs ne sont plus que des signes de politesse. Quelle est cette énergie ? Ce désir ? Nos corps toujours aussi attirés l’un par l’autre. N’avions nous pas tout exploré ? Et au diable cette luxueuse sécurité. Je pourrai trouver encore plus de confort, toujours plus de confort. Dans les bras de l’un ou dans ceux d’un autre. L’alcool fourbe me fait baisser mes gardes. Alors au diable les autres, il n’y a plus que toi que je regarde, que je frôle. L’impression d’une bière plus fraîche quand nous partageons le même banc.
Continuons d’aller, ça et là, de nous ignorer l’un l’autre, d’aller et venir ; le bar n’est pas si grand, nous finirons par nous croiser à nouveau et au énième verre, nous ne pourrons plus, ça deviendra indécent. Nous finirons par nous éclipser. Et demain matin, qui sait…