Quel bel exercice de réalisation, de confrontation à la réalité. Se regarder dans un miroir, fixer les yeux de son reflet ; puis essayer, par l’image, de se retrouver face à soi même et se dire les choses. Se regarder intensément. Dépasser la première impression de redécouvrir la couleur de ses propres yeux. Regarder plus en profondeur. Se scruter soi même. Puis sentir la folie nous saisir, la schizophrénie devenir matérielle, visuelle, présente.

Il y a moi. Et il y a moi-même. Je vais me regarder et me dire les choses, celles que tu (je) ne veux pas voir, lâche. Celles sur lesquelles tu ne veux pas mettre de mots car ça fait trop mal de les formuler. Parce que tu as l’impression que tant que tu te caches de la réalité, elle ne l’est peut être pas complètement. Tant que tu la dissimules à toi-même, tant que tu la mets de coté et que tu fermes les yeux, la réalité n’est pas. Ta vérité est autre, édulcorée, douce, glissante, filante. Aucun traumatisme, aucun heurt. Je filtre les évènements et ne considère plus que ceux qui écrivent l’histoire que j’ai envie de vivre. Quand les évènements ne prennent pas le sens que je veux, je mets la vie en stand by, égarée le temps de tes solitudes, de tes perditions.

Tous tes temps de solitude sont des parenthèses qui passent et que tu oublies si vite. Qui passe avec une bière, quelques heures de sport et une nuit de sommeil assommé.

 

Pendant ce temps ou tu t’endors, ou tu te drogues et tu t’oublies… la vie continue de tracer son chemin, ses histoires, ses rencontres, ses destins.

 

Alors maintenant que je t’ai, face à face, il n’y a entre toi et moi rien d’autre que ce miroir qui nous rend réels l’une à l’autre. Que moi, et moi.

Maintenant que tu vis tes quelques minutes de parenthèse, je veux te saisir et t’ouvrir les yeux.