Mon histoire, en moi, s’effiloche. Je retrouve parfois des petits bouts chez les autres, et ça m’interpelle, ravivant une mémoire morte. Ceux que je croise, que j’ai fréquentés un temps et que je rencontre aujourd’hui par hasard; ceux que je lis. Ces gens qui font partie d’un passé que je ne comprends plus, dont j’ai perdu le fil. J’ai parfois l’impression de me rencontrer furtivement. Ah ! Là, j’aurai pu être elle. J’ai eu envie un jour de devenir ce qu’il est lui.
Je vais griller tous les fesses-boucs au barbe-cul pour voir mon passé se confondre dans un ultime feu de joie éphémère et respirer les fumées de moi qui s’évaporent et se perdent.
Puis cette sensation étrange disparait, s’éloigne, après un éclair de l’esprit, une lumière vers le passé où je me sentais un instant voyante. Puis je ne saisis plus.
Mon histoire, en moi, s’effiloche. Je m’enveloppe à nouveau dans ce monde inconnu qui me fait froncer les sourcils, celui qui m’amène aux larmes angoissées et me transforme en une gelée glissante dans mes draps pourris. Celui qui se mèle au bruit des voitures dans Paris, celui qui se nourrit des foules du métro et des journées pluvieuses. Le soleil lui même est un souvenir flou. L’air de la mer, l’humidité algéroise. La lumière qui élargie le champ de vision, qui te donne l’impression que tu vas pouvoir, d’un petit élan, te jeter dans l’eau bleue de la baie d’Alger(Mais quand on se rapproche, elle est verte). Les goûts, les odeurs, les bruits, la lumière, putain, la lumière.
Mon histoire, en moi, s’effiloche. J’ai perdu le fil de mon histoire personnelle. Il n’y a plus rien en moi. J’ai cette impression très désagréable et froide de nudité. Plus rien à vêtir qui me corresponde. j’ai usé le pull en laine tricoté par ma mère, de ses propres mains. Je l’ai mal porté, puis usé à force de trainer là où je n’avais rien à faire, visiblement. J’ai l’impression de ne plus avoir de contexte, d’être insensée. Plus que déracinée, le passé est un mélange de sensations confuses qui viennent à moi par vagues. Tout vient à moi comme une gifle de sensations que je ne peux plus vivre. Puis ça disparait. Je n’ai même plus les souvenirs.
Mon histoire, en moi, s’effiloche. Je n’ose même plus me parler à la première personne. Je ne sais plus si j’existe ni où j’existe.
Mon histoire, en moi, s’effiloche. Et il n’y a pas un chat autour, pour jouer avec les fils qui trainent.
KLZ
juin 10, 2008 at 6:52
belle image que le temps va s’ employer à amplifier.
il faut écrire n et écrire encore!
http://www.luce-caggini.com
cordialement
juin 10, 2008 at 8:59
Merci pour ce passage, ces lectures et vos commentaires.
J’ai cette impression vertigineuse que l’exil est une source inépuisable de douleur, de réflexion et d’ignorance.
oui, vous avez bien raison : il faut écrire et écrire encore.
Merci !
KLZ
juillet 10, 2008 at 7:22
mon deracinement ne me lache plus depuis que
jai quiter ma perle mon amour ces la villede
sidi_belabes alors jappel toutes les bonnes
volontees a maider a retrouver des gens de
sidi_belabes quartier le mamelon par email ou
par contact telephonique merci beaucoup
bwlabbas@live.nl tel oo31 629 250 352
juillet 21, 2008 at 9:16
Bonsoir Ferhaoui,
très touchant appel, mais peut être lancé depuis une tribune muette. Peut être devrais tu tester les sites plus en vue, à la mode et fréquentés. Je ne saurai t’en conseiller, mais quelques recherches googleuses te permettront rapidement de rencontrer des gens de Sibi Bel Abbes.
Bonne continuation et “bonne vie” comme dirait l’autre dragueur au forum des Halles qui est rentré bredouille sur son scoot.
juillet 22, 2008 at 8:15
l”algerie est en crise et c notre devoire de la metre a jour et c notres résponsabilité nous les jeunes d’algérie et sache vous ecriraient ou non vous n’etes pas les bien venu en algérie chanter ou écriver parler et encore crier sur les tois . vous ne changeraient rien meme si vous étuliser la force le enfant de l’algerie seront toujours la pour vous faire sortire comme nos grand père en fait mercie d’etre a mon écoutent!!!!
juillet 23, 2008 at 9:44
Mounir,
Ton message est désolant de haine, d’agressivité et d’ignorance.
Honteuse de l’héberger, j’ai failli supprimer ton message. Mais, en y réfléchissant, je te laisse là, seul avec ta violence. Il ne sert à rien de camoufler la merde, elle continuera de sentir mauvais.
Si l’Algérie est en crise, c’est aussi parce que nombreux sont ceux qui, comme toi, n’apportent pas de regard critique à l’histoire écrite et transformée; nombreux sont ceux qui, comme toi, ne vont pas vers les autres et reproduisent les schémas de violence transmis par les pères. Nombreux sont ceux qui, comme toi, ne lisent pas, ne comprennent pas et ne font pas l’effort.
Je ne suis pas une pied noir ya Mounir, si tu avais lu plus en détail, mais ton message me touche qd mm et me fait honte.
Heureusement, tu ne parles qu’en ton nom et ne représente ni l’Algérie, ni les Algériens.
Je m’excuse d’héberger ce message. Si certains le trouvent choquant, je peux le supprimer.
KLZ
septembre 10, 2008 at 3:45
l’humanisme le moins conventionnel ,consiste pour le moins ,si l’on aime pas les autres,à les tolérer.Puis comment croire,que la terre de par son immensité, ne fut pas créee pour porter tous les êtres humains, quelles que soient leurs qualités ou leurs tares.Ceci dit,nous sommes toujours seuls,confrontés à l’illogisme des situations et l’étrangeté des faits,et qu’il faudrait peut-etre accepter sans questionnement aucun.Ton déchirement identitaire est à mettre sur le compte d’un futur ecrivain en herbe,en recherche d’inspiration ou de motivation,à la condition que tu puisses depasser les limites restrictives de l’imagination.
Amicalement : Mustapha-selim
septembre 13, 2008 at 1:55
Mais que faut il faire pour passer du statut d’écrivain en herbe au statut d’écrivain en fleur, si ce n’est travailler ?
Ya plus qu’à…
Je suis donc tout à fait d’accord !
Merci pour cette belle trace de votre passage.
Kellouza
novembre 20, 2008 at 10:05
tu devrais mieux te renseigner sur tout les évenements de cet époque ,car les pieds noirs on pris la fuite parcequ’ils n’ont jamais fais de biens,ils méprisaient les musulmans et les arabes ,ces arabes qui sont devenus ésclaves sur leurs propres terres,et ajoutant les maisons piégées qu’ont laisaient pour tuer ,et brulaient tout derrieres eux, sans cité les bombes des lignes charles et mauris ,et les victimes on en compte toujours a ce jour ,les soldats français ,pieds noirs en majorités avecla haines dans leurs yeux ,oh je me souviens ,duant ils enfonçaient les portes au milieu de la nuits alors que je dormais ,leurs chiens bergés assoifés de sang sollidaires a leurs qualitées communes ,ils ne se sont jamais mis à la place des pauvres qu’ils torturaient ,insultaient, ces gens là se sont révoltaient ,ils ont cherchaient la mort, au lieu de l’esclavage ,les pieds noirs et les harkis armées confondus étaient la cause de leurs souffrances , souffrances de cent trente deux ans ,parcontre bien des pieds noirs ,qu’ils étaient neutres sont restés et ont vécus au sein de l’algerie indépendante ,et sont enterrés dans des cimetières qui éxiste toujours,dans une guerre ,il y’a vainqueur et vaincu , les vainqueurs ont payaient de leurs vies la victoires ,alors que dois payés les vaincus, parlons un peu des tonnes de lingos d’or volées par les français ,ils ont instaurés la misere au musulman ,associés juifs crétiens contre un peuple dépourvus de tous ,d’armes de forces,livraient à la famine pendant cent trente deux ans , dommage ,ça passe pas ,ils doivent rachetaient leurs trahisons ,la trahison de la patrie,car la facture était cher;
novembre 21, 2008 at 10:50
@ Mandolino-chine : Merci de ton passage par ici et pour ton message.
Je crains ne pas m’être fait comprendre, la confusion venant certainement du titre de ce post, décalé, une sorte de clin d’oeil.
Le sujet principal de ce post est l’exil, les souvenirs qui se perdent et la sensation d’être déracinée, perdu.
Quant au titre, j’aurai dû simplement marquer “mon histoire en moi s’effiloche” et le sujet de la Guerre d’Algérie aurait été en dehors de tout propos. Cependant, avec ce titre, j’ai voulu faire un parallèle entre ces nouveaux exilés dont je fais partie, qui ont quitté l’Algérie ces dernières années parce qu’ils n’y trouvent pas leur place, qu’ils ne trouvent pas leur place alors qu’ils sont sur leur terre et avec les leurs, ceux que certains appellent aujourd’hui les “pieds bleus”; un parallèle également avec ceux qui sont partie dans les années 70 et début 80 pour fuir le communisme. “les pieds oranges” ?
Tous ces gens ont laissé une vie en Algérie et ne la retrouvent plus, tant ce pays évolue de semestre en semestre.
Et un parallèle avec cette vague de départ de pieds noirs, qui vivent aujourd’hui en France mais qui gardent cette douleur du membre amputé comme dirait Kateb Yacine, d’où mon titre de pieds noirs d’algérie 2010.
Merci pour ce message qui contient une réelle intensité, mais je préfère ne pas te relancer sur le sujet de la guerre d’Algérie, qui nécessite sérieux, mesure et discours informé. Ce qui est loin d’être le cas dans mes posts :-/
A bientôt onzeblogs
KLZ
août 19, 2009 at 9:03
Bonjour
et félicitations pour votre très beau site.
Mais qu’attendez vous pour commander votre copie de “La mémoire de l’anchois” de Nasser qui revisite merveilleusement les sensations de Paris, les parfums d’Alger et les méandres de la Rome méditerranéenne.
Je vous souhaite une bonne lecture et une agréable journée.
Jeanne (née en Algérie et) qui vit
à Rome