Des soirs à tenter d’enchainer avec cohérence. Des jours à en oublier l’impossibilité. Des lieux parfois pour y penser. Comme ici. Des moments rares, propices. Comme ce soir. Dans une solitude apaisante et non douloureuse. Avec la lumière douce d’un soir silencieux. Le vent tombé, la mer morte au loin et les drogues oubliées. Toutes les drogues. Les autres sans agression, sans transgression. Juste là, en dehors de moi.
A Paris, trop rarement. Le temps pour ça n’est pas prévu. Le temps pour penser, réfléchir et se remettre en question n’existe pas. Personne ne l’a jugé utile. Au contrainte, est il contre productif ? Réfléchir à cette incohérence qui nous fait filer droit vers un vide puissant, un vide qui aspire avec ivresse et ignorance. Les jours qui filent. Plus on court, plus ils filent vite. Comme s’il y avait un phénomène d’entrainement. Notre capacité à s’auto éclabousser est en relation directe et exponentielle avec le gâchi ambiant.
Ailleurs. Parfois. On a la chance de pouvoir s’extraire de la masse gluante urbaine sur-développée, et on arrive à se laisser distraire pour mieux s’extraire et se déparisianniser… L’air du soir qui donne à l’esprit un titre de transport vers des idées enchainées les unes aux autres. idées transportées par le vent qui caresse le visage, par le bruit des oiseaux qui dansent cette ronde de la nuit.
Hey what the F***.
Je suis un animal social mais c’est dans la solitude sereine que je veux me retrouver. Avec les autres, mais en dehors des autres. Avec les autres, dans un monde différent, parallèle, ni pollué, ni pollueur. Sans perturbé ni perturbateur. Ai-je droit à la cohérence ? Il n’y a plus ni guerre, ni famine. Il n’y a pas de fossé social ni d’injustice flagrante. Il y a la Terre, et ce coin du monde qui me va si bien. Il y a les autres qui le peuplent. Et il y a mes autres que je veux sentir autour. Puis il y a moi. Pourquoi moi, en dehors de cette équation ? Pourquoi cette terre pour certains et pas pour d’autres ? Pourquoi ces plages uniquement à ceux qui ont pris le parti de les détruire ? de les salir ? et pas à ceux qui les ont respectées tout ce temps ?
Pourquoi, alors que guerres et injustices sont derrière nous, pourquoi aujourd’hui, la cohérence a l’air de filer. Juste maintenant, alors que nous tenons à la construire. Alors que nous en avons besoin pour avancer, ici, et ne pas sentir ce déchirement.
Hey, what the F**K.