Les mots, excuse moi. Les mots, reviens. N’abandonne pas, toi le pur, l’absolu, l’entier. Ne suis pas mon chemin. Sors moi de cette misère confortable dans laquelle je me perds et m’épuise, me donne et m’oublie. Les mots, parle moi. Attire moi et impose moi ton rythme au lieu de me laisser m’entrainer dans la futile et triste vie parisienne. Les mots ! Entité, esprit, partie de moi. Partie du monde que je ne vois que quand j’écris ce qui m’entoure.
Je suis aveugle chaque jour que je n’écris pas. Je suis aveugle, chaque jour un peu plus, contaminée d’une vision occidentale, post-urbaine, dégradée, post-humaine, même pas robotisée. Même pas jouissive. Juste épuisante, à griller mes demies vies plus vite. Paris, maligne, tumorale.
Je suis aveugle, malheureuse et chaque jour un peu plus stupide et inintéressante. Pour moi même, pour le monde.
Les mots ! Intérêt, puissance, voyance. En direct. Voir mieux et voir bien, sans payer plus cher. Juste un peu du tien. Putain.
Arrête avec ces rimes à la con.
“T’as pas ramené ta flûte ? T’as changé.”
T’as changé, tu le sais. Tu deviens. Et ça ne dépend pas de toi du tout. On a l’impression, en te voyant, que t’es complètement dépendante du mouvement général qui a tendance à erroder, vieillir, épuiser et bouffer tous ceux qui se laissent faire dans ces villes d’occident qui oxydent et ruinent la plus pure partie de toi, celle que toi même ne vois pas. Paris, belle illusion. Grande machination planétaire francophone. Grosse menteuse qui t’emmène dans ses bras vertigineux, ses grands huit et ses beaux seize.
Qui t’aveugle et transfome le temps en tourbillon sanglant. Grr, arrête ces putains de rimes à la con. Et arrête de dire “à la con”.
Bannir des mots de ton vocabulaire, conserver la partie de toi qui fait que t’es toi ! NON !!! bannir aussi le mot conserver, préférer les actions de cultiver, d’enrichir, mélanger, explorer, comprendre, dépasser. Bannir aussi le mot bannir.
Connaître, aller vers. Aller vers les autres et se laisser bercer par la beauté qui se dégage de ce guitariste*, celui qui sur scène, donne tout ce qu’il est, un résumé vivant de sa compréhension du monde. Une expression corporelle. Sur son visage, ses mimiques, ses muscles contractés, ce corps tout sec et un peu grand père qui tient si bien debout, si beau, si puissant, grand et fin. Si classe dans ce djean-basket. Les yeux qui brillent et le visage ouvert. Les cheveux blancs et les mêches vivantes.
Je pense à lui et suis à bout de souffle. Sa guitare de rockeur, toute pourie, pas bien belle. Au son qui arrache le coeur et serre l’estomac. Quelques accords, une rythmique, des solos de fou avec la bouche.
Et le bassiste, clavier, chef d’orchestre, meneur de troupe, regard paternel**. “Je peux te faire un bisou ? Te rouler une pêle ? T’embrasser ? te laisser me serrer dans tes bras, juste sentir combien ta joie d’être sur scène est corporelle et contagieuse. J’ai choppé ton bonheur, ça donne des insomnies. Je rencontre d’autres gens, et tous dans cet état, nous parlons le même amour.
Moi, amoureuse. De tous ceux qui se donnent entier et n’ont pas peur de vivre. d’aller vers les autres.
Les mots, revient, défile et emmène moi vers une incompréhension plus détendue, plus relâchée de ce monde qui m’entoure et qui me fait peur chaque jour que je n’écris plus. Chaque jour où je ne te vois plus, Les Mots!
- Si un jour j’ai un miaou, que Dieu m’en préserve, je l’appelerai Lémo. C’est joli comme petit nom, Lémo.
21 07 2008
H
* Louis Bertignac dans Band of Gnawa – http://www.bertignac.com/
** Loy Ehrlich toujours dans Band of Gnawa – http://www.myspace.com/loyehrlich
août 4, 2008 at 5:12
Eh vieille peau, j’ai fait un appel à contributions sur mon site, vas voir bordel!
août 11, 2008 at 8:44
C’est ou cet appel ? Qui appelle ? Je peux venir ? J’ai rien vu sur ta page noire.