
Nina Bouraoui, une armure
J’ai rêvé de nous hier soir. Nous étions amies, complices, confidentes. Nous utilisions le « tu » et parlions comme deux soeurs. Je me permets alors de te tutoyer ce soir aussi.
Cette douceur dans ta voix, mélangée à cette sensualité que tu utilises. Tu la sais séduisante, tu te sais puissante, par ton charme, par ton aisance à décortiquer les sentiments. Ta séduction réside en partie dans cette faculté naturelle à prendre le dessus, à paralyser l’autre par ton rythme et tes passions. Ce n’est certainement qu’une impression, une façon de te protéger, te cacher, mais c’est ce que j’ai reçu, en même temps qu’une énorme fragilité, les rares fois où j’ai pu te croiser autrement que par tes mots. Hier soir, dans mon rêve, tu n’avais rien de tout ça. Tu étais détendue, décontractée, entière. Moi j’étais heureuse, apaisée, rassurée de te savoir finalement aussi simple et douce que ce que tes livres inspirent, confiant mes peines et mes secrets à ta seule discrétion.
Tes mots sont une tempête. Tes livres des ravins. Ta présence dans mon inconscient est latente. Tu es ma compagne dans le doute et les remises en question. Tu es la personnification de mon désir d’écrire.
Merci pour ton dernier livre « Appelez moi par mon prénom », un voyage inoubliable dans la douceur de l’amour. Merci pour tous tes autres livres, Poupée Bella, Garçon manqué, Une Vie Heureuse… une expérience unique que de parcourir tes écrits, de me noyer dans tes phrases et tes paragraphes sans fin.
Plus je te lis et moins je désire écrire, voulant laisser cela à ceux qui le font si bien, comme toi. Comme d’autres que je ne citerai pas ce soir. Car ce soir, c’est toi qui visite mes rêves, c’est toi qui accompagnes ma solitude de plus en plus douce, de plus en plus dangereuse car confortable.
Plus je te lis, et plus je désire écrire. En ressentant tout le plaisir que j’ai à te lire, je suis jalouse, envieuse. J’ai envie d’avoir ta patience, ta persévérance. Pas ton style, ni ton talent, je te laisse ce qui te différencie et fait de Nina Nina. Non, juste cet inconnu pour moi qui est le long chemin entre le désir d’écrire et le roman achevé.
Je me demande de quel droit je me permets d’écrire toutes ces impressions et tous ces délires, taggant ton nom dans ce bloc de dépressif lunatique ? Mais toi, de quel droit t’invites-tu dans mes rêves ?
H.
juillet 17, 2009 at 7:35
PS : C’est tout sauf une description fondée de l’Ecrivain, que je ne connais pas personnellement. Un message spontanné, comme ce blog, inconstant.
Si vous désirez en savoir plus sur cet écrivain, au delà de ses livres qui sont certainement une belle part d’elle, je vous invite à regarder cette vidéo :
http://www.dailymotion.com/video/x6iij1_nina-bouraoui_news
Son dernier roman parle un petit peu de tous ses lecteurs qui l’ont aimé par le biais de ses livres « ces amants de papier ». Pourtant, il y a dans cette vidéo comme une mise au point nécessaire, un rappel des règles. Nécessaire car ce roman « Appelez-moi par mon prénom » est si fort que le lecteur croit un instant être acteur de cette belle passion qu’elle écrit avec puissance et mélancolie.
« L’auteur doit rester à sa place, et le lecteur à sa place »
« la porte ne peut pas s’ouvrir, et tant mieux »
« Je suis quelqu’un qui est assez dans la peur, de l’autre ».
juillet 20, 2009 at 6:29
Copier-Coller du Blog de Magda
@ Magda : C’est assez curieux, la marque que laisse l’écriture de Nina Bouraoui, comme ton amie obsédée par elle. J’ai l’impression qu’ils (elles) sont nombreux(ses) à sortir de ses livres avec une sorte de sentiment amoureux pour l’auteur. Son écriture transforme le lecteur en passionné un peu fou, entier, mais sans objet réel; avec peut être en prime, l’angoisse de réaliser que l’on est dans l’imaginaire.
Et Avec cette sensation de rupture et d’abandon qu’on peut ressentir à chaque fois que la lecture de la dernière page d’un très bon livre est achevée.
Je parle de mes sensations de lectrice, mais j’ai vu et lu ces mêmes sentiments chez d’autres lecteurs; je sens à chaque fois une sorte de passion orpheline que j’ai du mal à comprendre.
Puis quand on en est sorti, on a du mal à rentrer dedans à nouveau, parce que ça pompe pas mal d’énergie.
Pas sûr que tout ceci te donne envie de lire du Nina Bouraoui…
Tiens, je vais me poster mon commentaire à moi même, car je trouve qu’au final, il est plus en accord avec mon post qu’avec le tien sur Marie N’Diaye qui donne envie de lire plus de littérature africaine !
Faut que j’assume ma schizophrénie et l’affiche au « grand jblog ».
juillet 21, 2009 at 9:42
bravo à ce grand écrivain. Ses romans sont 1 douce mélancolie qui donnent envie d’aimer. Bonne continuation à vous deux Kellouza et Nina