Que reste t-il de nos amours? J’aimerais te le demander, te le dire, te l’écrire. Me remémorer avec toi nos moments de plaisir et de tendresse, les instants d’intimité qui ne sont plus qu’un mirage dans un coin de mon cerveau, qui se transforme en nuage de fumée, en alcool vaporisé, en gueule de bois du matin. Avec un peu de recul, je réalise que notre histoire n’est guère plus aujourd’hui que le reste d’un café froid dans une tasse laissée là, au bord d’un bar.

J’ai l’impression que nos souvenirs sont un mirage, que nous n’avons pas existé. Ma mémoire me joue des tours, elle sait que je dois continuer de vivre. Plutôt que de m’accrocher à des rêves évanescents, à des désirs violents et destructeurs de te sentir encore, de te savoir encore pas si loin.

J’aimerais te troquer, toi et nos souvenirs contre quelqu’un qui est en chaire et en os, quelqu’un qui existe et qui m’emmènera encore plus loin. Quelqu’un qui sera un nouveau défis, une nouvelle folie, une exaltation encore plus grande, quelqu’un qui m’emmènera au-delà de moi même. J’aimerais que ce soit lui qui me choisisse, que ce ne soit pas moi qui croit te retrouver ailleurs, ou trouver un ersatz de toi, une pâle copie. J’aimerais effacer jusqu’au souvenir de ton odeur, pour ne plus espérer la retrouver dans les futurs amants qui croiseront ma route.

J’aimerais t’écrire des mots d’amour sous toutes ses formes. Pour que tu saches que même après t’avoir oublié, c’est finalement encore un peu de toi que j’aime en vivant d’autres vies si palpitantes.

Et si “l’incroyable fertilité du chaos” n’était pas un mythe ?