Dans le monde


Pause sur le présent. J’ouvre ‘La baie d’Alger” de Louis Gardel et entre dans un passé que je n’ai pas connu, un Alger que mes parents et grand parents m’ont conté avec nostalgie, amertume et douleur. Quelque chose du paradis, un coin de soleil et de fraicheur, une mer et des plages magnifiques, une ville à taille humaine, des soirées au bord de l’eau, des relations simples entre les communautés, des gouts et des saveurs, des ballades à cheval dans les forêts de pins, des pique-niques au bord de l’eau. Un coin de paradis sur la côte nord de l’Afrique, mais accessible à un petit nombre : les colons, les riches, quelques bourgeois musulmans, et c’est tout.

Et c’est tout. Le reste de la population n’existe pas dans l’histoire de cette ville, de ce pays; si ce n’est en terroristes barbares qui veulent faire du mal au paradis et tout détruire, tout saccager.

Cachée, la misère de tous les autres, dans les ruelles de la casbah, et dans les villages des montagnes. Tue, la barbarie de l’armée et de ceux qui ont le pouvoir, sur un peuple silencieux.

Non, ce n’est pas le propos de ce livre magnifique qui ajoute une couche de douleur au syndrome du pied noir par des souvenirs enfin contés. Il y a le ciel bleu, l’adolescence, l’énergie, les envies de justice et de pureté, l’ignorance de l’existence des autres. L’ignorance et l’envie de continuer de vivre sa vie douce et caressante sans en savoir plus, sans comprendre ce qui pourrait tout détruire, dans son petit monde; ce qui a tout détruit. Sans avoir le temps de se retourner. Il est déjà si tard.

Il y a ceux qui sont lésés depuis le début, qui se battent et se débattent pour récupérer un peu de vie et de bonheur; et il y a ceux qui avaient la vie et le bonheur, la ville et la baie, et qui, du jour au lendemain, ne peuvent plus ni en jouir, ni même la partager.

Il y a cette tournure radicale : la baie d’Alger, c’est blanc, ou c’est noir; et c’est un coup de pied au cul pour trop de monde depuis trop longtemps.

Alger idéale, où tout le monde vit ensemble, dans le respect des uns et des autres, profitant tous de cet air frais, de ce soleil de plomb et de l’air de la mer : quel belle utopie.

la ville

Je marche seule, vite, dans les rues de cette grande ville américaine. Cette ville aux larges trottoirs, aux fameux festivals et à la jeunesse purulente.

Je marche seule, vite, pour rejoindre le bus qui m’emmènera dormir. Il est tard, le grand boulevard est occupé par une faune peu fréquentable, imbibée de bière, au regard fixe et sans expression.

Je marche vite, seule, pensant à toutes mes impasses, mes démons et mes angoisses. Je fronce les sourcils, me déhanche pour mettre une jambe loin devant l’autre, je regarde droit devant, sans voir personne, je dévisage les immeubles et regarde à peine la route meublée de tous cesvisages inconnus. Je passe entre les lignes, entre les gens. Une partie de moi aimerait se poser, marcher plus doucement, flâner, s’arrêter prendre une bière. Tenter de rencontrer des gens, connaître cette magnifique île par ceux qui l’habitent.

Mais je me sais trop loin de toute faculté à maîtriser les choses, je me sens étrangère, différente, méfiante, et ne tente même pas de regarder tous ces gens autour. Je suis perdue dans mes pensées et mes impasses amoureuses qui me font oublier jusqu’à la foule qui m’entoure.

Je regarde à nouveau vers le trottoir pour vérifier où je mets les pieds, et là, mon regard croise celui d’une femme, qui le chope et en profite pour m’envoyer un truc qui m’a complètement transformée, en un quart de seconde, le temps d’un sourire. J’étais tellement surprise qu’au lieu de le lui rendre, bêtement, je lui ai rendu des yeux ronds, genre “mais t’es qui toi ? Qu’est ce tu me veux?”

Et je l’avais déjà dépassée. Je suis restée bête quelques instants, comme anesthésiée par sa beauté brune, par cette évidence avec laquelle elle m’a souri. J’ai eu envie de faire demi-tour, d’aller lui dire bonjour, de l’inviter à prendre un verre, de l’accompagner pour un bout de chemin.

J’ai eu envie d’être avec elle un moment, d’être à elle et qu’elle m’enlève à ma propre vie qui me paraissait juste avant sans issue.

KLZ

1 comprimé ? Non, 2, allez, pour une grosse douleur, il faut un gros remède. J’irai plus vite au lit. J’irai m’oublier un peu, oublier les douleurs qui viennent comme une épée dans le dos, dans le coeur, dans la tête, les yeux.

Je fantasme entre deux crises de nerf et la fonte des larmes sur le métal froid et dur posé sur ma tempe, sur mon front. Je fantasme et me dit : d’ici la fin de la semaine, faut que je passe à la banque. Faut bien vérifier que mes parents pourront récupérer les sommes astronomiques qui débordent de mon livret A, livret B, cerise, codevi, troudeballe et perlinpimpin. Ils ont infiltré jusqu’aux moments les plus sombres de mes dépressions amoureuses.

Des machines à consommer et à tenter l’équilibre impossible et l’épanouissement dans un monde oppressant qui ne cherche qu’à sucer ton jus, ta sève, ton énergie, ta raison d’être.

Toutes mes raisons d’être : les vacances, les fêtes, la rentrée, les soldes, la maison, la déco, la cuisine, les sorties, le ciné, le bio, le light, le réseau social, les connaissances, les sorties, les club, les soirées. Il faut pouvoir cocher dans son agenda annuel, avoir le kit de l’homme développé qui s’assume. Je suis un animal qui consomme. Je ne suis plus ni social, ni pensant. Je suis dépensant et asocial. Je ne veux voir les gens que s’ils m’apportent quelquechose, ne faire les choses que s’il y a un salaire, et ensuite consommer, consommer, consommer. Fachhadou, fachhadou, fachhadou.

(phrase de l’hymne national algérien)

J’attends de laisser passer 20 mn et je vais rejoindre mes amis, mes douceurs, mes rêves et mes délires. Je vais dormir et oublier jusqu’au réveil du lendemain, les réunions, les compte-rendus, les transports, être à l’heure, rendre le fichier à jour…
En attendant, et comme je ne suis pas d’humeur à dire des choses qui élèvent nos âmes absentes (la mienne est aux nocturnes chez La Faillite) Zelda est tellement plus poétique, voici un paragraphe magnifique :

“Pour nous, le fleuve des heures est un rapide qui roule, gronde et bouillonne vers les chutes avec tant d’écume que notre propre bonheur nous éclabousse. Et me fait sombrer coeur et âme dans l’appréhension de la fin.

Je sais la fin, mais je ne la dis pas. Je le laisse à son ivresse amoureuse, à la joie du moment, puisque cet homme est bâti pour le bonheur et n’aura pas grand regret de ce bonheur-ci plus que du précédent ou du prochain.

Ne me demandez pas comment je sais ça, je le sais, et c’est tout.”

Gilles Leroy, Alabama Song

Je lève mon pouce à celui qui veut me prendre, pour m’emmener loin de cette ville qui me grignote le cerveau. Je lève mon pouce et monte dans la voiture. Il suffit que tu m’emmènes près de la mer, là où on entend le cri des mouettes, le bruit des vagues, là où on peut s’arrêter 10 mn à un carrefour à réfléchir à la direction à prendre, sans se faire insulter par des voitures derrière.
Parce qu’il n’y en a pas des voitures. Ni de café non plus. Sans stress ni drogue, sans ruine du corps. Le réveil tonique, le soleil éclatant, la vitamine D insolente. Tout ce qui n’est pas Paris.
Le calme le soir, quelques oiseaux et insectes. Et c’est tout.

Les Autostoppeurs, Kito - Sculptures en liberté - Pointe de Bilfot Plouézec - Côtes d'Armor

Les Autostoppeurs, Kito - Sculptures en liberté - Pointe de Bilfot Plouézec - Côtes d'Armor

le bruit de la rosée le matin. Le soleil qui assèche tout dès qu’il monte un peu. La sève qui monte de l’intérieur pour te donner envie de dévorer la vie entière, d’avoir le monde à tes pieds.
Je lève mon pouce et même ma jupe si t’es beau gosse. Si tu me plais et que tu m’ouvres la portière. Que tu me prends et me promets de m’emmener en silence dans un monde de calme et d’honnêteté, sans stress ni métro, sans malheur. Sans haine. Sans violence. Juste la nature ailleurs, la route. comme dirait Tracy : You’ve got a fast car. Ok, on y va, lets go. Tu sais que tu me plais toi?
Ok, t’existe pas.
Je lève mon verre, si tu viens, si t’existes. Je lève mon verre, et pose les couverts pour te servir les meilleurs plats. Puis me laisser aller aux plus doux des délires, à l’abandon, enfin. Dans tes bras imaginaires.

Je lève mes fesses. Là, je ne peux plus attendre. T’es où ? T’existe ? Pourquoi devrais je attendre quelqu’un dont je ne sais même pas l’existence ? Qui change chaque année dans ma tête pour se transformer en fantasme différent. En homme parfois urbain et excité, parfois rural et silencieux. Viril, aux yeux bleus. Comme ce gars magnifique à la peau caramel et aux yeux couleur mer des tropiques. Au regard doux et aux traits féminins.
- Tssss. On ne vit qu’une fois, merde. Je devrais l’appeler.
- Il vit à St Brieuc
- Et alors, St Brieuc, ce n’est qu’à 6h d’ici. Et quoi, je ferai du Stop, avec une grosse plaque marquée : mer des tropiques sur lit de caramel. Vais me poster sur la N12, porte de St Cloud.

Je lève mon pouce, mon verre, ma jupe, mes fesses. Stand up. Tout, faut que ça bouge, faut que ça change. N’est pas honte de dire Fuck Off à Paris. Et quoi ? La plus belle ville du monde? les grandes avenues ? Les Invalides, les champs Elysées ? Nation ? Répu ? Montmartre ? Hey What the Fuck. Rien à foutre. Ca peut rester là, j’ai bien mis une croix sur Alger, cette ville qui a fait tourner la tête des plus grands de ce monde. Alors Paris, c’est du pipi de chat à coté, c’est piste verte. C’est impersonnel, trop grand, touristique, fatiguant, déprimant, gris, triste, pluvieux, mortel, froid, dangereux, anihilant.
N’ai pas honte d’accepter ton manque d’attachement à Paris, après tout ce temps, après que t’aies cru en l’amour. Et quoi ? Ils vivent là ? Qui ils ? ah, lui. Et lui aussi.
Seule ailleurs, à perdre la tête dans une solitude affolante.

A fuir l’essentiel et le réel pour se passionner pour un truc futile sans aucun intérêt ?
A trouver un sujet commun pour entretenir sa vie sociale ?
A montrer qu’on est comme tout le monde ?
A prouver qu’on peut devenir un expert en quelque chose quand on est expert à rien dans la vie ?
A …
Allez, pas de préjugé, soyons positif :
Aux passionnés de football qui ne peuvent pas vivre sans connaitre les résultats des principales équipes mondiales et européennes ?

Non, serieux, ça sert à quoi le foot à la télé ?
A claquer 500 € pour voir la finale de la Champions League à Rome ?

Si vous avez quelques réponses sérieuses à proposer, je suis preneuse.

KLZ

PS : a mon avis, et ça n’engage que moi, ça sert à rien…

Prévue le 27 Mai prochain

Prévue le 27 Mai prochain

Transmission de Kito - Sculptures en Liberté Plouézec (Côtes-d'Armor) à proximité de la pointe de Bilfot.

Transmission de Kito - Sculptures en Liberté - Plouézec (Côtes-d'Armor) à proximité de la pointe de Bilfot.

J’attends de grandir un peu, encore. J’attends et j’essaie encore. De pardonner, à tous ceux qui me font souffrir. A comprendre pourquoi ils font ça. Pourquoi je me retrouve dans des voies sans issus avec des gens dont je ressens pourtant parfois l’amour. Qui me font des promesses, énormes. Avec leurs yeux, avec leurs corps. Avec le coeur.
Et doucement, avec la vie, avec les choses, ils s’éloignent et coupent les ponts. Disparaissent et fuient. Ne veulent plus parler, ni voir. Ni même rencontrer. Ni espérer, ni respecter. Ils ne veulent plus rien. Dans le refus, la fuite, le rejet.
Dans la douleur et le manque d’humanité. Dans la connerie.
Et je ne comprends pas. Alors je m’emporte et vais plus loin, par fierté, par blessure. J’envoie chier et je tourne les talons. Puis je pleure, en silence, en douleur. Seule.
Et j’ai peur. Et ne m’avance plus vers l’autre.
J’en ai la tête qui tourne.

- Une bolée s’il vous plait.
- C’est du cidre que vous voulez ?
- Non, une mousse, de la bière, un demi. Ici, on appelle ça une bolée, en hommage aux pommes. En Bretagne, ce sont les pommes, le sel et le beurre. Et la fierté.

Je vais attendre de vieillir encore un peu, et peut être vais-je oublier. Pardonner. Ou comprendre.
Les lâchetés des uns, les peurs des autres, les bêtises de tout le monde. La vie quoi. Les autres.
Et moi.

KLZ

NB : Si Kito passe par là, comme je suis passée par chez lui, il n’y a pas bien longtemps, il pourra rajouter l’info du titre de cette très belle sculpture.
Merci pour cette balade aussi agréable qu’imprévue. Magnifique, dans ce décor naturel somptueux.

Maghreb - Octobre 2003 - Couché de soleil

Maghreb - Octobre 2003 - Couché de soleil

J’ai le temps, tout le temps. Devant moi, c’est comme l’infini. Ou du moins l’assez long pour ne pas avoir à y penser.
J’ai le temps, tout le temps. Je peux encore fermer les yeux au moins 1 heure au moins 1 mois, au moins 1 an.
J’ai le temps, tout le temps. Je peux attendre. Je dois aller au bout, il va bien se passer quelque chose. Je ne suis pas là pour rien, n’est ce pas ?

J’ai le temps, tout le temps.
Quelques mois encore, jusqu’à la rentrée prochaine, jusqu’à mes 35 ans. Non, non, pas jusqu’à la ménopause. Mais au moins quelques temps encore. On s’en fout de combien. De tout façon, ça va venir avant que je ne me lasse. Il va se passer quelque chose, ça va arriver. J’en suis convaincue. J’ai l’instinct pour ça. Je ne me suis jamais trompée.

Bon, si, peut être une fois ou deux. Mais ça comptait pour du beurre. Qui ? L’autre avec lequel ça a duré 5 ans ? Mariés, l’appart et la voiture neuve? Non, non, crois moi mec. Là, c’est la bonne. Ca fait déjà 3 ans, 10 si tu comptes les années où j’ai attendu en sachant que ça allait arriver. 30, si tu comptes le pressentiment qui vient avant même que je ne me mette à attendre. C’est le truc de ma vie ça. C’est l’histoire que j’attendais. C’est tout ce qu’il me faut. C’est lui, c’est là. C’est bientôt. Faut juste laisser le temps, et là j’ai la vie devant moi, je suis jeune. Je peux tenter le coup.
Et de toute façon, si à 35 ans il ne se passe rien, je prends les choses en main. Je change de mec, je change de job, je change de ville. Et je me fais ça à l’éprouvette.

Mais ça doit arriver. Je vais rester encore un peu. Ici c’est bien, c’est confortable. Et puis je me suis habituée. Je me suis attachée à tout ça. Je ne vais pas encore tout reprendre à zéro, non ? Ca va arriver sans violence, avec évidence. C’est écrit.
Je suis sûre. Les choses vont aller dans mon sens. Je le vois tracer le chemin qui le mène vers la vie dont je rêve, je vois que tout se prépare. Je suis prête et n’ai plus qu’à attendre.
Je suis là depuis si longtemps, c’est pas possible. Je ne peux pas partir sans que tout se concrétise enfin. Sans que je goute à tout ce qui brille au fond de mon imaginaire.

Sommes nous si ridicules devant l’éternité ? devant l’immensité du temps ? Je suis pourtant bien là, au centre de toute chose, non?
Je ne peux pas partir comme ça. Tout arrêter et m’en aller sans donner encore quelques semaines, quelques mois. Je suis encore bien jeune. En pleine force de l’âge. J’ai la vie devant moi, “les dents solides et la pomme juteuse”.
Elle est où la pomme ? Comment ça elle est où ? J’en sais rien moi, mais elle est là, pas loin. On a tous droit à une pomme chacun au moins! Je vais rester encore ici quelques heures. Baisse la lumière, je vais faire une petite sieste en attendant. Non, non, ne vient pas me réveiller, je ne fais que m’assoupir un petit moment. C’est confortable ici.

J’ai le temps, tout le temps. Pas de problème, je ne m’inquiète pas. Faut toujours continuer ce qu’on a commencé. Je le sais. Ils vont venir. Les tartares.

H.

ca doit être le métro. je ne vois pas d’autre explication! tous ces gens mixés, mélangés, égaux devant ce train qui arrive. Tous égaux devant les lois de la RATP. tous au même prix, le meme tarif, le même ticket, le même risque devant les controlleurs. et les voila qui se serrent les coudes, qui lancent l’alerte, en cas de controle surprise. les voila qui tiennent la porte, ou qui appellent le chauffeur, si quelqu’un veut sortir ou tombe. tous égaux.Biensur, c’est à celui qui est le plus proche de la porte, a celui qui est à coté du siege vide. sans pour autant se bousculer ni être trop ‘petit’, sans prendre la place de celui qui s’approche.
J’ai cette facheuse tendance à les regarder, tous, à les laisser passer. Tous ces hommes, toutes ces femmes. tous aussi beaux et aussi sains les uns que les autres. chacun le nez dans son bouquin. je les vois tous et je suis jalouse! Frustréée de ne pas les connaitre, mieux, tous, de ne pas les aimer tous, et de ne pas être aimée par tous. Non, je suis la, laissée à l’indifférence la plus violente, la plus silencieuse. Un couple, deux personnes se regardant tendrement, s’embrassant. deux amis qui discutent, un groupe d’amis se fendant la gueule, des collègues qui parlent du boulot, un groupe de retraité qui va au musée, sortie organisée.

C’est peut être ma solitude? ou alors le mixage entre le métro et la solitude?
je ne sais pas trop, mais je me surprend parfois, assise ou plus souvent debout, collée à tout ce monde tout en faisant mon possible pour ne toucher personne. Quelle hypocrisie! Quelle mise en scène.

je me surprends à tous les aimer ces gens, autant que je les déteste, ne sachant plus ce qui me lie à eux! j’aimerai les connaitre mieux. je crois même les connaitre mieux, et je me sens frustrée, contrariée. ils ne me reconnaissent donc pas? personne ne me reconnait! D’ailleurs, personne ne me regarde vraiment, même si tout le monde me voit. et ces hommes d’origine africaine, ces métisses, ces hommes de la guadeloupe, ces japonais, ces chinois, ces européens, ces gens du nord, et toutes ces femmes! Aussi belles, et aussi fraiches le matin tot qu’en fin de journée. La race humaine est éblouissante! Je me surprend à fantasmer sur chacun d’eux, chacune d’elle. Je rêve de connaitre l’intimité de chacun, leurs expressions, leurs odeurs, leurs parfums, leur intimité, leur vie. Ou vivent ils? Je voudrais tout partager avec eux. J’aimerai gouter à la peau de chacun, toucher au corps de tous ces hommes, toutes ces femmes, être dans leur intimité! parcourir le monde à travers leurs origines, retracer les horizons de chacun. Ils sont si… aimables. Je voudrais être leur femme, leur maitresse, leur coup d’un soir, leur amie, leur soeur, leur mère, leur enfant, leur collègue, tout ca en même temps.

Et je regarde, tout le monde, chacun, et je me sens rassurée, en sécurité dans cette foule protectrice. Je suis avec eux, je suis eux, je suis la foule. Je me perds dans un détail. La jeune fille en face a les larmes aux yeux. Il fait beau ces jours ci, les jeunes ont la peau brûlée par le soleil, leur visage, les bras nus et le cou. Celui qui arrive à l’instant et qui s’assied en face de moi dégage une odeur d’alcool épouvantable. De la bière, certainement. Il n’est que 17h30. Un accro du zinc… Ce couple, plus loin, au fond. Qu’ils sont beaux…
Puis les portes s’ouvrent. C’est la bonne station, le bon arrêt. Il faut descendre, bousculer un peu pour arriver jusqu’à la porte, se dégager, s’extraire.
Me revoila à nouveau, individuelle! Et je les ai tous oublié. Bien qu’ils sont toujours là, dans ce même wagon, a descendre toujours plus au sud, ou vers le nord. Mais pour moi, ils n’existent plus. Ils sont si éphémère… Seuls mes fantômes, eux, persistent et m’accompagnent douloureusement.

scène

Si vous avez envie d’aller au ciné, s’il vous reste des places à griller avant la fin décembre, si vous cherchez une sortie au chaud, si vous êtes curieux du cinéma algérien contemporain, si vous aimez Kusturica, si vous aimez Molière, si vous aimez la poésie, si vous aimez le cinéma, les belles images, les lumières somptueuses, les acteurs puissants et justes autant qu’inconnus, si vous aimez les portraits honnêtes de sociétés insaisissables, alors vous aimerez Masacarades.

Si vous ne faites pas partie de toutes ces catégories de personnes, alors allez y quand même, vous ne regretterez pas.

Je suis séduite. Plus que ça, je suis fière.
Bon, ok, c’est nul d’être fière Je suis heureuse d’avoir vu ce film. Heureuse que ce film existe.
Il donne de l’espoir à l’espoir.

Il donne des personnages à l’Algérie. Des histoires à raconter. Des fables pour conter le réel, alors que plus aucun politique ne peut le porter. C’est du positivisme algérien. Il rend compte de ce réel insaisissable que plus aucune institution ne sait décrire, transcrire et rendre à son propre peuple et au monde qu’est le réel algérien. Séparé de la religion, séparé des problèmes identitaires, des conflits linguistiques. Il donne une légitimité à la langue… Pfff, j’arrête, c’en est trop. Allez le voir, ce film.

Je kiffe, j’adore, je soutiens, je vote ! et j’en redemande.

Bravo et merci Lyes.

Pour en savoir plus et lire l’entretien avec le réalisateur : http://www.mascarades-lefilm.comc

L’immeuble se trouve au milieu de la cité. Pour y accéder, il faut traverser toute la cour, le parking et longer les immeubles voisins aux cages d’escaliers ouvertes et aux portes déversant délinquants extrémistes et terroristes éventuels imaginés.

18h30 en décembre, il fait déjà nuit. Il pleut. On ne voit pas plus loin que devant nos pieds, qui avancent, eux, guidés par la peur et la précipitation.
Les ombres, devant chaque cage d’escalier, se repèrent par le son des voix, par les murmures violents et menaçants. Les mains dans le dos, les poings serrés, j’avance aux cotés de mon frère et de Gérard, ancien prof d’aviron dans les années 70, meneur et entraineur de l’équipe championne de l’époque, aujourd’hui, simple étranger menacé, éventuel égorgé et statistique de plus pour les médias étrangers.

Je rêve d’un couteau dans la main, dans ce cauchemars, Je dois négocier avec eux, ces fous illuminés qui ne savent qu’égorger : non, nous ne faisons rien de mal. C’est un ancien ami de la famille. Il vit à Alger depuis plus longtemps que vous. Il est ici chez lui, et qu’il reste ou qu’il parte, qu’il vive ou meurt ne changera rien à votre existence.
Laisse nous passer, il habite dans l’immeuble en face.

Je rêve de couteaux plantés dans le dos de ces jeunes terros imaginés qui nous menacent par leur présence dans cette cité, dans ce cauchemar bien monté, de souvenirs, je rêve de la peur et me réveille en sécurité, seule, angoissée.

rhum-arrange

La fatigue a-t-elle une odeur ? Peut-on la sentir entre les mots ?Là où les pensées sont moins positives et moins attirées par la construction et le désir d’avancer.

Avancer.

Moins de 15 m², et l’esprit qui tourne en rond. Moins de 2 personnes autour et j’ai le coeur qui bat dans le vide. Moins de nature et d’air pur, plus de bitume et de paradis artificiel, et j’ai l’esprit qui meurt ettoufé.  Le rhum arrangé arrange t-il vraiment quoi que ce soit ? Il permet de laisser couler l’amertume et de la rendre plus douce à déguster. Une amertume plus agréable, plus savoureuse, plus pénétrante, plus chaleureuse.

 

Alors quoi ?Que faire ?  Cracher sur cette immonde ville tant elle est impressionnante et préférer ailleurs avec encore moins de monde autour de moi, pour à peine quelques m² de plus, pour à peine la forêt, certains week end ?

Rejeter Paris pour n’importe quoi d’autre de moins urbain ?  ou continuer de s’adapter à ces 15 m² au rhum arrangeant…

A ta santé la Doud.

- “Je te l’ai dit et je te le redis encore une dernière fois, et t’as intérêt à ouvrir grand tes petites oreilles et ta petite cervelle : tu ne parles pas, tu ne dis rien, tu ne parles à personne, t’as compris ? Quand tu voyages avec moi, quand tu es avec moi, tu n’ouvres pas la bouge, ma thalich foumek. Soussem. j’ai dit Soussem.”

- “Mais je voulais juste demander…”

- “Soussem, je t’ai dit khelki foumek, tu ne parles pas, tu la fermes.”

- “C’est pour les numéros, les places”

- “La prochaine fois, tu voyageras toute seule, tu ne viendras pas avec moi, tu prendras toute seule l’avion. je t’ai dit tu te tais. Toi, tu ne connais rien, tu ne comprends rien, tu es bête, ma kritich, ma ta3arfi walou. Moi je sais lire, je sais trouver ma place tout seul, j’ai besoin de personne, je n’ai pas besoin de demander.”

- “eh, mais le stewart saksani…”

-”Soussem, je t’ai dit tais toi, tu te tais. Tu fermes ta bouche, tu comprends quand je te parle ? Tu es avec moi, tu ne parles pas, tu ne regardes pas. C’est moi qui donne les passports, qui cherche les places et qui parle avec les policiers. Toi, tu ne fais rien. Tu me suis et tu te tais. Tu ne comprends rien, il faut toujours que tu demandes et que tu montres ton ignorance. Moi je sais, je n’ai pas besoin que tu me fasses honte, je n’ai besoin de personne, je sais me débrouiller, tu comprends ça ? Toi tu es nulle, tu ne sais rien, mais si tu veux voyager avec moi, alors TU LA FERMES !”

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Vol Paris Alger, entre un homme et une femme

Chucho : un grand pianiste, avec de grandes mains, de très grandes mains, et un grand “big band”; accompagné de géants de la musique, un percussionniste percutant… Avec un père grandiose, Bebo, à la belle gueule de grand père, tellement qu’on aurait envie de monter sur ses genoux pour qu’il nous raconte une histoire avec ses blanches et ses noirs, et ses doigts qui dansent sur le Steinway. Bref, de la grande musique, mais dans une trop grande salle.

Alors un conseil : n’allez PAAAAS à la Salle Pleyel. Pour y voir une musique qui, normalement, doit balancer la sauce, la vraie, la chaleur du caliente, la srana !

Photo piquée sur le web

Photo piquée sur le web

Une première pour moi : dormir à un concert. Bon, il est vrai que j’expérimentais ce soir là en particulier, un degré de fatigue rare et fracassant, mais de là à m’endormir dans une salle de concert, avec, en face, un des plus grands pianistes de la scène jazz latino ? Noooon… mais c’est un truc de malade. Il est où l’ingé son, que je le fracasse à coup de SM58 ?

Au rang X de cette immense salle qui contiendrait les alphabets grecs, arabes et tous les mots chinois, j’avais l’impression de matter un DVD en Dolby surround. Les mecs, sur scène, étaient comme dépouillés de toute émotion, quasi statiques. Non, non, me dit mon pote, aussi amorphe que moi : ils sont réels, ils viennent de Cuba. Le son, plat, arrivait comme un flux homogène sans heurt ni saveur, histoire de chatouiller des oreilles qui en ont vu d’autres. Un disque avec toute l’égalisation à 0. L’ingé son ne croyait pas si bien dire en sortant sa blague pourrie à deux balles du genre “parait que les ingés sons sont sourds”

J’aurai préféré rester chez moi et me taper les 30 € en son d’avoine histoire de bien me boucher les intestins, plutôt que de me taper le son de ce moine sans oreille avec son matos de ouf.

Et c’est sans compter avec l’ambiance délirante de mondanité qui pue et qui déteint sur la rue du Faubourg Saint Honoré (ou peut être était-ce l’inverse ?). En entrant, bien qu’on ait payé nos places, on a quand même l’impression désagréable d’être invité par le maire de Paris en personne et d’être accueilli par sa court, avec tout ce que ça peut comporter de Bobo qui s’est pris d’une passion masturbatoire pour l’amérique latine.

Enfin bref, je divague et digère ce mauvais plan. A retenir : Chucho Valdès bien, Bébo Valdès craquant et la Salle Pleyel, réservée aux dépressifs insomniaques …

Bebo et Chucho Valdès - le fils déjà vieux et le grand père adorable, tous deux virtuoses

Bebo et Chucho Valdès - le fils déjà vieux et le grand père adorable, tous deux virtuoses

Ma somnolence et la piètre qualité du son ne m’ayant pas laissé le plaisir de profiter de ce concert, je n’en parlerai pas, je ne suis plus du tout objective. Si malgré tout, vous cherchez à mieux savoir qui est Chucho Valdès, alors je vous laisse avec ce blog, fruit d’une mini recherche : Ptilou’s blog.

KLZ

Je me sens américaine. Pourtant, non, je n’ai ni la carte verte, ni la peau noire. J’ai d’autres choses qui sont de couleur verte, mais pas la carte. Mais là, même si je ne connais ce pays que par les livres et ses gens par l’image, je me sens américaine.

Le bonheure

Le bonheur

Oui, c’est bateau, je sais…

Je fais partie de ce nombre incalculable de personnes qui auront versé une larme mercredi dernier. Je fais partie de ceux qui ont cherché dans la ville mardi soir un lieu de rassemblement, une rue, (la rue Daunou par exemple) un point de contact pour s’unir et aider les chiffres par l’espoir et les cris de guerre du genre “Yes we can”.  J’ai aussi fait partie de ceux qui ont bu des bières en trinquant à la santé de Barack – tout ceci avec une pointe d’auto dérision et de cynisme, ne croyant pas du tout au fond de moi que cet évènement soit vraiment révolutionnaire.

J’ai aussi veillé seule chez moi jusqu’à ce que les chiffres soient assez rassurants. Et j’ai eu pour premier geste matinal la recherche de l’information tant espérée sur les transistors et autres machines à faire entrer des gens à la maison sans ouvrir la porte.

Bref, complètement classique, totalement impersonnelle, énergies des foules et d’un espoir basé sur des idées et des symboles. Mais faut avouer que quand le classique est bien écrit, bien construit, alors il est bouleversant. Simplement magnifique. Beau à faire pleurer de joie et d’émotion.

C’est juste un petit billet pour marquer le coup, un lien de plus sur la toile pour cette virgule dans l’histoire.

Un témoignage en plus du web 2.0. Qui sait, peut être demain serons nous amusé de l’émotion ressentie ? Peut être demain trouverons nous tout cela d’une extrême futilité ? Qui sait, peut être demain Barack sera musulman et ça ne choquera personne ? Peut être Barack sera t-il athé et ça ne dérangera personne ?

A vot’ bon jugement, Mesdames Messieurs…

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A propos du gars qui visite l’exposition scientifique pour piquer des stylos et chopper quelques gateaux.
“- C’est sûrement un Algérien”, me dit un des commerciaux
“- Non, Monsieur, dis-je, un Tunisien”
“- Ah. Qui se ressemble s’assemble”.

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Vécu aujourd’hui a un congrès national d’une grande société scientifique

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Après un diner entre amis, au moment de payer le repas, chacun sa part, une note divisée par autant d’invités, ambiance cool et décontractée, le serveur s’est peut être un peu lâché.
-”C’est 32€40 par tête” dis le serveur algéro-parisien à l’accent de Bord Bou Areridj
-”Pouvez vous me rendre la monnaie sur un ticket restaurant, svp?” dis une des têtes blondes à l’origine tout aussi nord africaine que son interlocuteur, mais avec l’accent paris 7e, limite 6e
-”Non Madame, nous ne rendons pas la monnaie sur les tickets restaurants”.
-”Je sais bien, mais je n’ai pas de monnaie, vous me rendez les 2€ sur ce que vous donne mon ami qui vient de vous payer en espèce”
-”Ahlala Madame, dis le serveur, ça se voit que vous ête française.”

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Vécu il y a quelques mois dans un petit resto berbérorital d’un quartier branchouille et central de la capitale

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Israel : une émeute la nuit dans la ville parce qu’un arabe a circulé en voiture, les fenêtres ouvertes, la musique à fond la caisse, le soir de Youm Kipour. l’affaire de quelques extrémistes, la plupart des habitants vivant en paix, malgré la mixité religieuse et culturelle déconcertante.

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Entendu ce soir aux infos sur LCI

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A propos de la rumeur Obama est il musulman ?

“- J’ai cru entendre, que…Euh… Il est arabe”.
- Non Madame, je vous rassure. C’est un bon citoyen, un père de famille, un homme honnête.” répond Mc Cain.

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Entendu ce soir aux infos sur Euronouvelles – campagne électorale présidentielle américaine

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