Je veux juste avoir de tes nouvelles. Comment vas tu ? Fais tu toujours du sport ? [...]Tes parents vont bien ? Signé lui..

Je veux juste avoir de tes nouvelles. Commandes tu toujours tes mousses avec un petit regard malicieux de culpabilité ? Fumes tu toujours tes quelques cigarettes par semaine en te rassurant : moins de 2 cigarettes par jour et nous ne sommes pas vraiment fumeurs ? Prends tu toujours tes tafs en défiant d’un regard froid l’horizon et les démons qui errent dans tes pensées solitaires ?
Comment vas tu ?
Es tu toujours là ? Pas trop loin ? Peux tu m’envoyer un signe ? Juste un signe. J’ai froid à toi. J’ai froid en t’oubliant. J’ai l’impression que la mort rôde autour. Qu’elle s’est emparée de mon passé et de mes plus belles années de jeunesse; qu’elle a pris en otage tous ces moments intenses où la vie était à portée de main, nous n’avions qu’à nous pencher pour ramasser les idées de bonheur.
Comment vas-tu ? Ferme tu toujours les yeux quand tu embrasses ? As-tu toujours ce même doux parfum dans les cheveux ? As-tu toujours cette fâcheuse tendance à t’endormir devant un DVD ? Et quand tu les rouvres, tes yeux, sèmes tu ce même levé de soleil sur celui que tu regardes ?
Un signe, un cri, une douceur, un son de voix. Comment vas-tu ?
Un signe de vie encore, pas très loin, un lien avec mon passé, avec mes désirs et mes espoirs.
Je veux juste… avoir l’impression que tu es encore là. Que les déchirures ne sont pas si tragiques. Que tout peut se reconstruire. Juste savoir que tu évolues dans un monde parallèle mais accessible. Et repartir.
Je veux juste… être rassurée sur l’idée que notre séparation n’est pas si dramatique. N’est ce pas ? J’ai un peu dramatisé les choses. J’ai exagéré et exprimé une douleur plus grande que celle que je t’ai affligée. Mais au fond, nous sommes encore debout, n’est ce pas ? séparés, mais debout.
Je veux juste… savoir qu’on peut se relever après ça, que tu me montres et me prouve que ce n’est pas si grave, que l’homme est un animal qui peut s’adapter à toutes les situations et survivre, malgré les difficultés. Qu’il est possible de se relever et de croire encore au couple, au bonheur, à l’envie de construire, après nous.
Je veux juste avoir la preuve. Relativiser. J’ai envie de passer à autre chose, de vivre, de respirer, de prendre la vie en pleine gueule comme le vent froid qui gifle sur le pont d’un bateau et m’éclater. Mais je pense encore à toi avec comme un devoir de deuil. Tout ce que je garde, c’est l’image de toi malheureuse, après mon départ.
Alors je veux juste… que tu me permettes de déculpabiliser.
Je veux juste passer à autre chose et vivre avec la même intensité qu’avant, mais sans toi.
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La paix sur toi vieux…