La journée n’est peut être pas complètement perdue, si j’en fais quelque chose. Si j’arrive à bosser, si j’avance dans mes recherches, si je lis un peu, si je fais mon heure de cardio. Et la journée passe. Avec tout ce que j’y fais, et tout ce que je néglige. La voir passer, c’est la voir me perdre.

La journée n’est pourtant pas complètement perdue si j’y laisse un billet, quelques mots enchainés. Rien de bien important, un ensemble de futilité. Surtout la date surlignée.

La journée n’est peut être pas complètement perdue, si je la passe à dormir. C’est déjà mieux que de la passer à penser comme on tourne une vis foirée. Espèce d’enfoiré.

pfff… encore un post de dépressif solitaire.

Je veux juste avoir de tes nouvelles. Comment vas tu ? Fais tu toujours du sport ? [...]Tes parents vont bien ? Signé lui..

Je veux juste avoir de tes nouvelles. Commandes tu toujours tes mousses avec un petit regard malicieux de culpabilité ? Fumes tu toujours tes quelques cigarettes par semaine en te rassurant : moins de 2 cigarettes par jour et nous ne sommes pas vraiment fumeurs ? Prends tu toujours tes tafs en défiant d’un regard froid l’horizon et les démons qui errent dans tes pensées solitaires ?

Comment vas tu ?

Es tu toujours là ? Pas trop loin ? Peux tu m’envoyer un signe ? Juste un signe. J’ai froid à toi. J’ai froid en t’oubliant. J’ai l’impression que la mort rôde autour. Qu’elle s’est emparée de mon passé et de mes plus belles années de jeunesse; qu’elle a pris en otage tous ces moments intenses où la vie était à portée de main, nous n’avions qu’à nous pencher pour ramasser les idées de bonheur.

Comment vas-tu ? Ferme tu toujours les yeux quand tu embrasses ? As-tu toujours ce même doux parfum dans les cheveux ? As-tu toujours cette fâcheuse tendance à t’endormir devant un DVD ? Et quand tu les rouvres, tes yeux, sèmes tu ce même levé de soleil sur celui que tu regardes ?

Un signe, un cri, une douceur, un son de voix. Comment vas-tu ?

Un signe de vie encore, pas très loin, un lien avec mon passé, avec mes désirs et mes espoirs.

Je veux juste… avoir l’impression que tu es encore là. Que les déchirures ne sont pas si tragiques. Que tout peut se reconstruire. Juste savoir que tu évolues dans un monde parallèle mais accessible. Et repartir.

Je veux juste… être rassurée sur l’idée que notre séparation n’est pas si dramatique. N’est ce pas ? J’ai un peu dramatisé les choses. J’ai exagéré et exprimé une douleur plus grande que celle que je t’ai affligée. Mais au fond, nous sommes encore debout, n’est ce pas ? séparés, mais debout.

Je veux juste… savoir qu’on peut se relever après ça, que tu me montres et me prouve que ce n’est pas si grave, que l’homme est un animal qui peut s’adapter à toutes les situations et survivre, malgré les difficultés. Qu’il est possible de se relever et de croire encore au couple, au bonheur, à l’envie de construire, après nous.

Je veux juste avoir la preuve. Relativiser. J’ai envie de passer à autre chose, de vivre, de respirer, de prendre la vie en pleine gueule comme le vent froid qui gifle sur le pont d’un bateau et m’éclater. Mais je pense encore à toi avec comme un devoir de deuil. Tout ce que je garde, c’est l’image de toi malheureuse, après mon départ.

Alors je veux juste… que tu me permettes de déculpabiliser.

Je veux juste passer à autre chose et vivre avec la même intensité qu’avant, mais sans toi.

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La paix sur toi vieux…

Je me bats en apnée contre les démons invisibles, puis m’écroule de fatigue comme un enfant après sa crise de larmes.

La haine meurt dans les anxiolytiques et renait de l’énergie d’un sommeil réparateur. Je ne comprends plus mes propres réactions. Je fronce les sourcils et avance, la haine au bout des cils, puis lance des regards défectueux. Plus je reçois des signes extérieurs et moins je comprends.

Je m’enferme et m’endors. Je forge mes idéaux et mes idées basses à créer un bouclier anti-réel. Pour m’enfermer dans un monde plus compréhensible et confortable, avec mes repères de l’enfance en adéquation avec le présent imaginé.

Ca ne fonctionne pas. Alors la haine remonte, contre moi-même, plus forte. Plus violente.

Le métal de l’arme sur la tempe, froid et douloureux, le crâne collé au mur ou à l’oreiller, je fantasme sur une mare de sang. Je confectionne une mosaïque d’images, un patchwork. Tantôt tes bras qui embrassent et confortent, ton corps allongé prés du mien et ta peau que j’avale et respire.

Tantôt la solitude réelle, fière mais stupide, et l’envie de fuir seule pour reconstruire nul part ce que je ne sais même pas détruire convenablement.

Puis à nouveau ta peau, et les souvenirs d’une intimité si naturelle et évidente, ne venant s’affronter avec rien, étant bien au-delà de mon passé, de mes idées et de toute vision des réalités qui font ce monde si complexe.

La haine résiste mais cède du terrain, idée par idée, sensation par sensation. Je m’éloigne et reviens. Allant du chaud au froid, du doux au violent, de l’apaisant à l’angoissée.

Fatiguée de ces voyages, je finis lasse et m’endors. Mon imagination déconnectée, ni tes bras ni cette arme ne sont dans le décors.

DZ16-080822

J’ai les yeux qui brûlent du désir d’y croire. Et la tête qui éteint toutes ces bêtises pathétiques d’un petit jet de larmes froides.

Embouteillages Alger

Je te casse la gueule. Dans mes rêves les plus jouissifs. Je te crache à la figure, et y mets toute mon énergie. Sur ta face, sur tes livres. Sur ton histoire, qu’y me remonte comme on vomit. J’en ai des nausées et plus je me souviens et plus c’est acide. L’oesophage qui brule. J’ai des remontées de notre premier baiser.

La couleur de cet arbre, dans cette rue immonde qui monte, qui descend.

Là, je connais un raccourci pour prendre l’autoroute. Tu te souviens ? Naïve et croyante ? Un petit chemin qui t’emmène à l’aventure. Droit vers la mer, en faisant le tour. En passant par la côte. Le soleil couchant qui perturbe l’esprit, modifie la vision. Tout est orange. Suffit de fermer les yeux et de rouler. T’es sûre de bien te faire mal.

Petit raccourci que personne ne connait. Sauf les vrais, les purs, de cette ville sans noblesse. Petit raccourci qu’aujourd’hui, à l’usure, tout le monde empreinte, tout le monde connait. Petit raccourci aux arbres violets. Maintenant que tout le monde le prend, ce petit chemin, que les voitures s’empilent et que l’autoroute est à une heure d’embouteillage d’ici, mais à 300 m à vol de pigeon pourri. J’ai le temps, au volant de cette belle petite caisse, de contempler la couleur de ces foutus arbres, dans cette foutue ville où même la lumière ne vient plus, tant y a rien à voir, rien à éclairer. Putain de lumière algéroise. T’es plus là pour adoucir. Tant vous avez tout saccagé. Tout gâché, tout menti, tout trompé. Tous partis. Alors je ne contemple pas. C’est trop moche. Mais j’ai le temps de vomir les souvenirs qui remontent cette rue encombrée qui descend. J’ai pris trop de café. J’ai le sphincter œsophagien que ne se ferme plus. Je voudrais tout rendre et qu’on en finisse. Mais c’est dans les trips, c’est mon amylase, c’est mon suc gastrique. J’ai le truc qu’a la trique.

Alors ne plus croire personne, ne plus avoir envie, que la porte sonne, que l’espoir de l’oubli, te rende encore plus conne, la la la la la li, … …. ….

Il y a des choses à ne pas dire. Il y a même des choses à ne pas penser. A ne pas rendre réels. Certains sentiments. Cette histoire surréaliste. Cette histoire de “couple”, c’est comme se poser dans un coin du désert pour le plaisir de voir les gens passer. Cest préférer une route départementale entre Djanet et Illizi au boulevard Mohamed V pour le kif de contempler les voitures qui se suivent.
C’est s’attabler à une terrasse en plein mois de Ramadhan. C’est même pire. C’est se faire du mal parfois. C’est aller vers la douleur tout en marchant dans du coton. Doux, anesthésiant. C’est arriver à la douleur et se la prendre en pleine gueule. C’est laisser le feu prendre d’un coup et continuer de regarder la flamme pendant que ce sont les yeux qui brûlent. Les larmes ne peuvent plus rien pour éteindre l’évidence. Après le corps, c’est mon être tout entier qui s’enflamme. Et là, aveugle, je ne vois plus que toi.

Se mettre à t’aimer toi, alors que l’amour te fait fuir est encore plus absurde que la route entre Djanet et Illizi. C’est comme l’immense toile virtuelle où tout le monde se croise et se parle sans jamais se voir, tous inconnus à si bien se connaître. C’est voué à la contradiction, à la solitude. Dire que l’on t’aime c’est s’assurer que tu ne resteras pas.
Et de toute façon, t’aimer c’est déjà une grosse bêtise, le début du délire, le début du surréalisme. Mais y a des délires qui ne s’expliquent pas. Du moins à soi même. Les autres pourront dire ce qu’ils veulent, qu’elle était en détresse, qu’elle avait besoin de sexe, qu’elle préfère l’angoisse de n’être rien avec lui que celle d’être tout avec personne, d’être la substance de sa propre solitude. [...] Ceux là ne voient pas, n’entendent pas, ne sentent pas. De là où ils sont.
Alors laissons croire que la faiblesse du célibat parisien fait de nous des victimes sociales, qu’il n’y a de terrain pour aucune passion et que la dépression aura raison de tous ceux qui ont été assez faible pour se croire de ce monde inhumain.

Pourtant, y a des fois où il faut le dire, c’est nécessaire. Absurde pour absurde, autant vivre l’absurdité le coeur léger et déchargé des non-dits. Se débarrasser des idées que tu ressasses le soir dans le lit partagé, des idées du genre : “non, là encore, ce que tu ressens, c’est pas de l’amour. Laisse tomber cocotte, calme toi et redescends sur terre. Tout est scientifique et naturel. Là encore, c’est du désir, un simple instinct animal – c’est l’horloge biologique, t’es en plein dans ta période fécondable – qui s’en ira dès que t’auras tiré ton coup”. Merde, il est fatigué, il ne veut pas ce soir. Alors tant pis, le sommeil aura raison de mes besoins. Le sommeil n’est pas plus fort que mes sensations.
Demain, éveillée, difficilement, si je lui saute dessus, c’est plus pour lui faire plaisir et le réveiller en forme que pour prendre mon pied. Je ne suis pas du matin. Pour reprendre un vieux dicton shiite – ou était-ce turc laique ? – “si tu dors le soir sur le désir, demain il sera toujours au même endroit, mais tout ratatiné”.

Et maintenant que c’est dit, que les sentiments sont assumés, je vais de l’avant avec plus d’honnêteté, plus de clarté, de force. Maintenant que j’ai tout dit et que tu ne réponds rien, quelque chose s’est éteint autour de mes yeux et je marche moins aveugle, plus consciente.

Et là tu m’entends quand je te parle ? Maintenant que t’as la trouille, que tu pisses dans ton froc, que t’as plus personne. Plus que moi , qui te regarde comme quelqu’un qui n’aime pas les chiens regarde un chien. Maintenant que tu sais plus rien, que tu n’as plus rien. Que tu as besoin de quelqu’un, n’importe qui. Que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, peu importe; Tant que tu peux sortir de ton trou.

Alors j’en profite pour te dire tes 4 vérités, tout ce que t’as jamais entendu. Maintenant que t’es par terre, dans le froid et le rien.

Tout ce que j’ai pu souffrir à attendre que tu reviennes. A espérer que tu appelles, à implorer ta présence. Tout ce que j’ai pu te hair pour cette douleur provoquée. Cette douleur de fous, qui vient comme un couteau me transpercer les poumons, le coeur, les vicères. la gorge qui me serre. La suffocation.
L’envie de t’étrangler de mes bras encore amoureux, eux. Alors qu’en moi il n’y avait plus que la haine. Mon corps, demandeur, toujours. Mon coeur, quémandeur, misérable. Ma tête plus que jamais assiégée par la violence de tes trahisons, aigrie, demandant vengeance.

Maintenant que je te tends la main, toi, misérable bouseux, je ne vois plus rien d’autre que la crasse qui t’entoure. Tu n’as plus rien de beau. Tu n’as plus rien de bien. Je ne suis plus inlove. Je n’espère aucun calin. Je n’ai ni haine ni ranqueur, juste ma putain de morale et mon éducation qui m’obligent à t’aider à te relever. Sinon, pire qu’un étranger à mes yeux, tu n’es plus rien. Moins qu’un inconnu, tu deviens comme inexistant, transparent. Seule ta matière existe. Et encore, sale. Vite, que tu te relèves. Que je te quitte. C’est mon tour, je pourrai comme tu me l’as fait, te laisser dans la merde.

KLZ