J’ai les yeux qui brûlent du désir d’y croire. Et la tête qui éteint toutes ces bêtises pathétiques d’un petit jet de larmes froides.

Embouteillages Alger

Je te casse la gueule. Dans mes rêves les plus jouissifs. Je te crache à la figure, et y mets toute mon énergie. Sur ta face, sur tes livres. Sur ton histoire, qu’y me remonte comme on vomit. J’en ai des nausées et plus je me souviens et plus c’est acide. L’oesophage qui brule. J’ai des remontées de notre premier baiser.

La couleur de cet arbre, dans cette rue immonde qui monte, qui descend.

Là, je connais un raccourci pour prendre l’autoroute. Tu te souviens ? Naïve et croyante ? Un petit chemin qui t’emmène à l’aventure. Droit vers la mer, en faisant le tour. En passant par la côte. Le soleil couchant qui perturbe l’esprit, modifie la vision. Tout est orange. Suffit de fermer les yeux et de rouler. T’es sûre de bien te faire mal.

Petit raccourci que personne ne connait. Sauf les vrais, les purs, de cette ville sans noblesse. Petit raccourci qu’aujourd’hui, à l’usure, tout le monde empreinte, tout le monde connait. Petit raccourci aux arbres violets. Maintenant que tout le monde le prend, ce petit chemin, que les voitures s’empilent et que l’autoroute est à une heure d’embouteillage d’ici, mais à 300 m à vol de pigeon pourri. J’ai le temps, au volant de cette belle petite caisse, de contempler la couleur de ces foutus arbres, dans cette foutue ville où même la lumière ne vient plus, tant y a rien à voir, rien à éclairer. Putain de lumière algéroise. T’es plus là pour adoucir. Tant vous avez tout saccagé. Tout gâché, tout menti, tout trompé. Tous partis. Alors je ne contemple pas. C’est trop moche. Mais j’ai le temps de vomir les souvenirs qui remontent cette rue encombrée qui descend. J’ai pris trop de café. J’ai le sphincter œsophagien que ne se ferme plus. Je voudrais tout rendre et qu’on en finisse. Mais c’est dans les trips, c’est mon amylase, c’est mon suc gastrique. J’ai le truc qu’a la trique.

Alors ne plus croire personne, ne plus avoir envie, que la porte sonne, que l’espoir de l’oubli, te rende encore plus conne, la la la la la li, … …. ….

Et là tu m’entends quand je te parle ? Maintenant que t’as la trouille, que tu pisses dans ton froc, que t’as plus personne. Plus que moi , qui te regarde comme quelqu’un qui n’aime pas les chiens regarde un chien. Maintenant que tu sais plus rien, que tu n’as plus rien. Que tu as besoin de quelqu’un, n’importe qui. Que ce soit moi ou quelqu’un d’autre, peu importe; Tant que tu peux sortir de ton trou.

Alors j’en profite pour te dire tes 4 vérités, tout ce que t’as jamais entendu. Maintenant que t’es par terre, dans le froid et le rien.

Tout ce que j’ai pu souffrir à attendre que tu reviennes. A espérer que tu appelles, à implorer ta présence. Tout ce que j’ai pu te hair pour cette douleur provoquée. Cette douleur de fous, qui vient comme un couteau me transpercer les poumons, le coeur, les vicères. la gorge qui me serre. La suffocation.
L’envie de t’étrangler de mes bras encore amoureux, eux. Alors qu’en moi il n’y avait plus que la haine. Mon corps, demandeur, toujours. Mon coeur, quémandeur, misérable. Ma tête plus que jamais assiégée par la violence de tes trahisons, aigrie, demandant vengeance.

Maintenant que je te tends la main, toi, misérable bouseux, je ne vois plus rien d’autre que la crasse qui t’entoure. Tu n’as plus rien de beau. Tu n’as plus rien de bien. Je ne suis plus inlove. Je n’espère aucun calin. Je n’ai ni haine ni ranqueur, juste ma putain de morale et mon éducation qui m’obligent à t’aider à te relever. Sinon, pire qu’un étranger à mes yeux, tu n’es plus rien. Moins qu’un inconnu, tu deviens comme inexistant, transparent. Seule ta matière existe. Et encore, sale. Vite, que tu te relèves. Que je te quitte. C’est mon tour, je pourrai comme tu me l’as fait, te laisser dans la merde.

KLZ