11 jan 2008

Tout le monde dort, le noir autour, personne ne voit plus rien. Alors je déménage, puis j’emménage. Comme pour éloigner le mauvais oeil, Devil’s eye.

Je prends les meubles, vide le frigo, coupe le courant, laisse la poussière sous la machine à laver, oublie une cuillère dans l’évier. Je claque la porte,fout un tour à la serrure et m’en vais. A l’intérieur, le silence, l’oubli, l’abandon, la fuite. Les traces des affiches d’adolescents sur un mur nu, une vieille casserole, une ampoule accrochée à un fil, un matelas sans couvre lit.

L’odeur de la vie oubliée. Le bruit du vide laissé. Je déménage.

Le confort déporté. Le customizing forcé pour se sentir chez soi. J’emménage.

Attention, balles neuves; place vierge de tout traumatisme, de tout mauvais voisinage.

Gros malaise pourtant. Surtout. La robe est mal coupée. Le prêt à porter, c’est peu saillant et inconfortable tant que ça n’est pas vieux et déformé par les nombreux lavages en machine. 60 degrés.

Ici, il n’y a que les meubles. Il n’y a pas d’histoire. Les murs n’ont encore rien vu, rien senti. Ils s’approprient la vie d’un autre espace et se sentent faussement enrichis. La peinture est trop fraiche et les meubles font vieillot. Les couloirs sont trop grand, l’espace pas assez plein. Ca résonne.

Venez, vite, il faut vivre ici. Il faut aimer, pleurer, hair, s’oublier. Bienvenus à la maison.

H –> K

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